Nos déchets, en particulier les déchets alimentaires, ne sont pas toujours un sujet de conversation des plus passionnants. Beaucoup d’entre nous préfèrent éviter d’y penser et faire comme s’ils n’existaient pas. Pourtant, réduire le gaspillage alimentaire et composter ce qui peut l’être est non seulement bénéfique pour l’environnement, mais c’est aussi un excellent moyen de faire des économies, d’enrichir les sols et de réduire le volume de nos poubelles.
En France, comme ailleurs en Europe, nous gaspillons encore énormément de nourriture. Selon une estimation du gouvernement français, 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites en 2021, soit environ 129 kg par personne !*
D’après l’ONU, les pertes et gaspillages alimentaires représentent environ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’origine humaine. Réduire ces pertes et bien gérer ce que l’on jette peut donc avoir un impact significatif sur notre empreinte carbone collective.
La première étape est de réduire au maximum le gaspillage alimentaire, ce qui nous permet aussi de faire des économies. Nous jetons une quantité incroyable de nourriture en raison d’achats excessifs et de restes non-consommés. Environ la moitié des 129 kg de déchets par personne proviendrait de restes ou d’aliments périmés sans avoir été consommés. L’association Montagne Verte a d’ailleurs publié un guide pratique pour aider chacun à réduire son gaspillage alimentaire, à découvrir ici.

Mais même en faisant attention, il restera toujours des déchets organiques, comme les épluchures ou les coquilles d’œufs. Alors pourquoi ne pas simplement les jeter avec les ordures ménagères ?
La réponse est simple : les déchets organiques ont un impact important sur les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
Les biodéchets sont composés à 80 % d’eau, ce qui rend leur incinération particulièrement énergivore et inefficace.
Et s’ils sont enfouis, ils produisent du méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est 25 fois supérieur à celui du CO₂.
Pourtant, lorsqu’ils sont compostés ou méthanisés, ces déchets peuvent devenir une ressource précieuse.
Depuis le 1er janvier 2024, le tri des déchets organiques est devenu obligatoire pour tous les particuliers et les professionnels en France. Le pays fait figure de pionnier au sein de l’Union européenne en matière de recyclage obligatoire. Cependant, certaines collectivités locales, notamment dans le Haut-Chablais, peinent encore à mettre en place des points de collecte municipaux. En attendant des solutions locales, ceux qui ont un jardin peuvent se lancer dans le compostage à domicile.
Si vous avez de l’espace, le compostage domestique vous permet de renforcer la qualité de vos sols, d’apporter des nutriments essentiels à vos plantations, tout en réduisant l’usage de pesticides ou d’engrais chimiques. Vos déchets verts et alimentaires se transforment en un riche substrat qui améliore la structure du sol, sa capacité à retenir l’eau, son aération et sa biodiversité. Et en période de sécheresses estivales – de plus en plus fréquentes – c’est un réel atout pour préserver l’humidité des sols en ralentissant l’évaporation.

Composter et réduire le gaspillage alimentaire, c’est un geste simple, bon pour la planète et pour votre porte-monnaie.
Et si vous utilisez ce compost pour cultiver vos propres légumes, c’est encore mieux ! 😉
Si vous souhaitez vous lancer, vous trouverez notre éco-guide ici.
Si vous habitez dans la région, sachez que la CCHC propose des composteurs à prix réduit.
Pas de jardin ? Peut-être pouvez-vous vous associer à un ami ou voisin qui en a un pour composter ensemble ?
Et si vous tenez un restaurant, un hôtel ou un chalet avec service traiteur, vous pouvez rejoindre notre programme BioCyclette. Nous récupérons vos déchets de cuisine pour les transformer en biogaz. En prime, vous bénéficierez d’une réduction sur votre Redevance Spéciale (correspondant au coût de collecte et de traitement de vos déchets assimilés aux ordures ménagères).
*Sources :