30 avril 2026

Vivre au rythme de la nature

Le printemps à Morzine est toujours surprenant. Un jour, on se balade en bottes avec plusieurs couches de vêtements. Le lendemain, on mettrait presque un T-shirt et on remarque de jeunes pousses vertes sortant de terre, comme si elles avaient gentiment décidé que le moment était venu. Puis, il se remet à neiger ! La lumière change, l’air devient plus doux. On s’arrête un instant, presque sans y penser, pour sentir le soleil sur son visage, comme si le printemps nous murmurait qu’il est en train de s’installer.

Le retour du vert 

Comme le rappelle Rachelle, cheffe locale et adepte de la cueillette, en montagne, on se sent souvent plus proche de la nature qu’ailleurs. Grâce aux merveilleux paysages vivants, il devient difficile de ne pas remarquer les changements, même les plus subtils. Parfois, on pressent des changements avant même de voir la nature renaître. Cette odeur caractéristique d’ail lorsqu’on se promène en forêt, d’abord intrigante, puis évidente : le sol est jonché de plantes comestibles. Une fois que l’on a repéré l’ail des ours, tout devient plus visible. Les orties apparaissent, les pissenlits se multiplient, les petites feuilles et herbes comestibles attirent l’attention.

On comprend vite pourquoi le printemps donne soudain envie de se mettre à la cueillette. L’ail des ours, en particulier, permet de s’initier facilement. Abondant et accessible, il devient vite reconnaissable quand on a appris à l’identifier. Mais tout ce qui touche à la nature implique aussi une petite responsabilité. Certaines plantes, comme les orties, sont très répandues et peuvent être cueillies assez librement. D’autres, notamment les premières fleurs, sont des sources essentielles de nourriture pour les pollinisateurs et méritent d’être laissées en place. Un peu d’attention suffit : en cueillir un peu, mais en laisser suffisamment. Il ne s’agit pas de se mettre à cueillir tous ses repas ni de devenir totalement autonome sur le plan alimentaire, mais quelque chose change. On commence à voir l’alimentation autrement, non plus comme un objet se trouvant sur une étagère, mais comme quelque chose qui a sa place, à un moment précis, pour une raison donnée.

L’abondance, dans toute sa diversité

On oublie facilement ce qui est toujours là. Les carottes, les pommes ou les légumes verts font partie de ces aliments toujours présents et fiables, quelque peu sous-estimés. Mais vivre ici change notre perspective. En mangeant davantage de produits de saison, ces aliments « ordinaires » deviennent soudain uniques. Ils évoquent un moment, une saison, un épisode météo. On ne cuisine plus les carottes machinalement toute l’année à l’eau ou en sauce. Ces carottes-, cultivées ici et consommées maintenant, sont tout autre chose. Rôties, mixées, marinées, intégrées à un plat mûrement réfléchi au lieu d’être préparé par habitude : avec un peu de curiosité, elles se transforment complètement. En fin de compte, le problème n’a jamais été l’ingrédient, mais le peu d’attention qu’on lui porte.

Un village au rythme des saisons

La vie dans un village alpin a quelque chose de doucement intemporel, dans le meilleur sens du terme. L’automne, on attend avec plaisir la démontagnée, c’est-à-dire la descente des vaches des alpages, décorées de fleurs. Les menus des restaurants s’adaptent lors de la saison de la chasse (dont les jours et zones sont parfois communiqués via des applications). En cas de doute concernant la cueillette de champignons, on se rend à la pharmacie du coin pour vérifier qu’ils sont comestibles. Les maisons sont en bois, les habits traditionnels sont portés en toute simplicité, et les rayons des magasins sont approvisionnés par commodité, mais aussi pour conserver, mettre en bouteille, faire durer. On fabrique encore sa propre eau-de-vie ou « gnôle ». Au cœur de tout cela : la météo. Ici, on ressent vraiment les saisons. On s’organise en fonction des saisons, on mange en fonction des saisons, on s’adapte aux saisons.

Il est impossible de trouver des fraises en décembre. Avec le temps, cela ne semble plus contraignant, mais simplement logique. On va plutôt les transformer au bon moment, en compotes ou en coulis, pour profiter plus tard dans l’année de leur délicieuse saveur qui nous rappelle l’été. Un parfum de pêche annonce une saison. L’arrivée des potimarrons et des courges en marque une autre. Peu à peu, les saisons guident nos choix, sans trop y penser. Les produits locaux et de saison ne sont plus une option « vertueuse » : ils deviennent une évidence.

Faire plutôt que de se contenter de consommer

Le printemps donne aussi envie de faire des choses soi-même : cuisiner, jardiner, etc. Peut-être grâce à l’énergie retrouvée, ou simplement parce que les jours rallongent et que la motivation s’en ressent. Faire quelque chose en partant de zéro devient soudain attrayant. Pas besoin de se compliquer la vie. Mélanger de l’ail des ours et du beurre, essayer de concocter une soupe aux plantes sauvages, ajouter quelques fleurs comestibles à une salade. Essayer, improviser et accepter l’imperfection. Quand on prépare à manger soi-même, le lien change. On goûte autrement, on apprécie davantage, on gaspille moins, presque naturellement. Et la différence se ressent forcément.

Commencer simplement

Rien de tout cela n’a besoin d’être radical. Il ne s’agit pas de tout changer ni de viser l’autonomie alimentaire totale dans les Alpes. (Même si l’idée parait séduisante, on revient vite à la réalité.) On peut simplement commencer par observer les changements de saison, privilégier les produits locaux quand c’est possible, manger de saison, essayer une petite chose faite maison, cueillir un peu d’ail des ours lors d’une balade et l’utiliser véritablement. Vivre ici nous offre une chance précieuse : adopter le rythme de la nature, plutôt que de le regarder de loin. Et le printemps, saison intermédiaire avec son énergie un peu imprévisible, est sans doute le meilleur moment pour se lancer. Alors, à vous de jouer et savourez le chemin !

Écrit par EJ Casburn @tinytravelrebel

Traduction Laetitia Paris

Photos EJ Casburn & Morzine Actu

26 janvier 2026

Pourquoi réparer vos vêtements est important : un geste simple pour une planète plus saine

Dans un monde où la mode est bon marché et éphémère, réparer une couture déchirée ou remplacer un bouton peut sembler démodé. Mais la réparation des vêtements est l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces dont nous disposons tous pour réduire notre empreinte environnementale. Chaque fois que nous réparons au lieu de remplacer, nous contribuons à prolonger la durée de vie des matériaux précieux et nous nous opposons à la surconsommation.

Le coût caché de la mode éphémère

À l’échelle mondiale, l’industrie de la mode est responsable d’environ 10 % des émissions annuelles de carbone, soit plus que les vols internationaux et le transport maritime réunis. Elle consomme également 93 milliards de mètres cubes d’eau chaque année, soit suffisamment pour répondre aux besoins de cinq millions de personnes.

La plupart des vêtements produits aujourd’hui ne sont pas conçus pour durer. La mode éphémère encourage l’achat constant de vêtements bon marché et de mauvaise qualité, dont beaucoup ne sont portés que quelques fois avant d’être jetés. Le résultat ? Environ 92 millions de tonnes de déchets textiles finissent chaque année dans les décharges, les tissus synthétiques mettant des centaines d’années à se décomposer.

Réparer, réutiliser et repenser

Réparer ses vêtements est un acte discret de résistance contre le gaspillage. En réparant une fermeture éclair, en cousant un bouton ou en rapiéçant un trou, nous prolongeons la durée de vie d’un vêtement, parfois de plusieurs années. Cela réduit la demande de nouveaux vêtements, diminue les émissions et économise les ressources qui seraient autrement utilisées pour produire et transporter des vêtements de remplacement.

Même de petits changements peuvent faire une grande différence. Prolonger la durée de vie des vêtements de seulement neuf mois supplémentaires peut réduire leur empreinte carbone, hydrique et déchets de 20 à 30 %. Quel impact puissant pour quelques points de couture !

Investir dans la longévité

Lorsque nous apprécions et prenons soin des vêtements que nous possédons déjà, nous nous éloignons de la mentalité du jetable qui alimente la surproduction. Privilégiez la qualité à la quantité. Apprenez quelques techniques de réparation de base ou rendez-vous dans les cafés de réparation, chez les tailleurs ou lors d’événements communautaires consacrés à la réparation.

Réparer ne permet pas seulement d’éviter que les vêtements ne finissent à la décharge, cela nous reconnecte également aux objets que nous possédons et à l’effort, aux matériaux et aux personnes qui se cachent derrière eux.

Choisissez d’abord l’occasion

Bien sûr, nous avons parfois besoin de quelque chose de nouveau : un manteau d’hiver, du matériel de randonnée ou une tenue pour une occasion spéciale. Dans ce cas, acheter d’occasion est l’option la plus durable. Les friperies, les boutiques vintage et les plateformes de revente en ligne regorgent d’articles de qualité qui attendent une seconde vie. Acheter des vêtements d’occasion permet de les faire circuler, de réduire la demande de nouveaux produits et souvent de faire des économies. Chaque achat d’occasion est une petite victoire pour la planète.

Un avenir meilleur pour la mode

Le changement ne doit pas nécessairement commencer par les grandes marques ou les politiques mondiales. Tout commence par nous : choisir de réparer, réutiliser et porter à nouveau. Ensemble, nous pouvons prolonger la durée de vie des vêtements, réduire les déchets et établir une relation plus durable avec ce que nous portons.

Comment agir localement

Si vous vivez ou séjournez dans le Haut Chablais, consultez les informations relatives au groupe de couture de Montagne Verte. Vous pouvez vous joindre à nous pour aider à réparer des articles destinés à notre boutique d’occasion et/ou réparer vos propres articles à l’aide de nos machines. La boutique d’occasion est également un excellent endroit pour trouver de superbes vêtements et vêtements de sport d’occasion plutôt que d’acheter du neuf !

12 janvier 2026

Fresque de la Montagne : comprendre et imaginer l’avenir de nos territoires

Le changement climatique transforme déjà nos montagnes : enneigement, biodiversité, ressources en eau, risques naturels, économie locale… Face à ces défis, comment mieux comprendre ce qui se passe et surtout imaginer ensemble l’avenir de nos territoires alpins ?

C’est tout l’objectif de la Fresque de la Montagne, un atelier collaboratif, ludique et accessible à tous, qui permet de mieux comprendre les mécanismes du changement climatique dans les Alpes et d’explorer des pistes d’action concrètes pour le futur.

📅 Rendez-vous mardi 20 janvier, de 18h à 21h
📍 Hôtel Le Dahu, Morzine

Pendant cet atelier, vous participerez à une intelligence collective guidée, basée sur des données scientifiques, pour relier les causes et les conséquences du réchauffement climatique en montagne, puis imaginer ensemble des solutions et des trajectoires souhaitables pour nos territoires.

👉 L’atelier est gratuit, mais les dons sont les bienvenus pour soutenir l’initiative.

Que vous soyez habitant, professionnel de la montagne, élu, curieux ou simplement concerné par l’avenir de nos vallées, vous êtes les bienvenus !

Les places sont limitées, pensez à réserver par email ou message !

Plus d’informations concernant la fresque ici

1 décembre 2025

Giving Tuesday pour la Planète — Redonnons à ce qui compte vraiment

Alors que le Black Friday nous pousse à consommer toujours plus, le Giving Tuesday nous invite, au contraire, à donner, à partager, et à soutenir les causes qui nous tiennent à cœur.

Le 2 décembre 2025, faisons le choix d’agir pour le vivant, pour les écosystèmes, et pour l’avenir de notre planète.
Au lieu de dépenser dans des choses dont nous n’avons pas réellement besoin, pourquoi ne pas soutenir une association qui œuvre chaque jour pour protéger ce qui compte vraiment ?

À Montagne Verte, chaque euro donné contribue à construire une économie alpine circulaire et bas-carbone, où habitants, nature et visiteurs prospèrent ensemble. Grâce à votre soutien, nous développons des projets concrets : compostage de proximité, événements et ateliers éducatifs, initiatives pour un tourisme plus durable… Vos dons se transforment en actions réelles sur le terrain.

 Comment participer au Giving Tuesday pour la Planète ?

  • Faire un don — chaque contribution, petite ou grande, nous permet d’agir localement pour un avenir durable.
  • Adhérer à l’association — rejoignez une communauté engagée qui veut préserver l’avenir des montagnes du Haut Chablais.
  • Offrir une adhésion pour Noël — un cadeau qui a du sens, durable et porteur d’impact pour les générations futures.
  • Donner de votre temps — si vous n’avez pas la possibilité de contribuer financièrement, votre énergie, vos compétences et votre enthousiasme sont tout aussi précieux. Nous recherchons toujours des bénévoles motivés pour renforcer notre action.

 Que vous donniez, adhériez, offriez ou deveniez bénévole, ce Giving Tuesday pour la Planète, vous contribuez à protéger les montagnes que nous aimons et à construire un avenir plus durable pour tous.

 Adhérer ou faire un don.

Faisons de ce Giving Tuesday un moment de générosité, d’engagement et d’amour pour nos montagnes, pour le Haut Chablais, pour les Alpes… et pour notre planète.

22 juillet 2025

Guide de Montagne Verte pour des vacances d’été durables : 7 gestes simples à adopter

Voyager de manière durable ? Cela peut sembler paradoxal. L’industrie du tourisme est l’un des principaux responsables des dégâts climatiques, générant environ un dixième des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, en tant que voyageurs, nous pouvons réduire notre impact environnemental grâce à de petits gestes simples – et continuer à profiter du soleil !

Prendre le train

L’un des moyens les plus efficaces de réduire son empreinte carbone individuelle est de privilégier le train à l’avion. Une étude récente d’Eurostar a révélé que, sur un trajet Londres-Paris, le train permettait de réduire l’empreinte carbone individuelle de 91 % par rapport à l’avion. Voyager en train offre de nombreux avantages : pas de stress à l’aéroport, plus d’espace, des paysages à admirer, et plus de temps pour lire ou répondre à vos mails. Chez Montagne Verte, notre programme AlpinExpress vous propose encore plus d’avantages ! Nous collaborons avec des restaurants, hébergements et activités estivales en Haute-Savoie pour vous offrir des réductions si vous venez en train. Pour en savoir plus, visitez notre site et obtenez dès maintenant votre pass AlpinExpress ! Et pour vous faciliter le voyage, consultez nos guides en ligne simples et pratiques.

Réfléchissez avant de pique-niquer !

Un pique-nique en montagne ou un barbecue sur la plage, c’est un vrai plaisir estival. Mais on est souvent tenté d’acheter des couverts jetables, des bouteilles en plastique ou des contenants à usage unique. Pourtant, il suffit de penser à l’avance pour faire un petit geste simple : emportez avec vous des bouteilles réutilisables, des tupperwares et des couverts – au même titre que vos lunettes de soleil et votre maillot de bain !

Une crème solaire qui protège votre peau et la mer

Il est important de se protéger du soleil, sans nuire à l’environnement. Saviez-vous que la plupart des crèmes solaires contiennent des substances chimiques qui bloquent les UV, mais réduisent la fertilité des poissons et provoquent le blanchissement ou la déformation des coraux ? Heureusement, de nombreuses marques de cosmétiques proposent aujourd’hui des produits solaires éco-responsables. Cette année, remplacez votre ancienne crème solaire par une crème respectueuse de l’environnement.

Manger et acheter local

Un geste simple à faire partout où vous partez en vacances. On est souvent tenté d’aller directement au supermarché pour acheter des plats préparés ou des produits importés. Pourtant, faire un petit détour vers les marchés locaux, les épiceries ou les restaurants artisanaux peut faire toute la différence. À Morzine, le marché a lieu chaque mercredi, à Les Gets le jeudi, et les villages alentour proposent des produits locaux allant du fromage à la bière. Acheter et manger local, c’est plus durable, cela soutient l’économie locale, et cela peut même vous faire économiser de l’argent. C’est gagnant-gagnant !

Résistez à l’appel de la fast fashion !

On a tous déjà craqué pour une tenue estivale à la mode juste avant de partir… pour finalement ne plus jamais la porter. Cette année, avant d’ajouter ce 5ᵉ bikini à votre panier, posez-vous la question : en ai-je vraiment besoin ? La fast fashion – en particulier des marques comme Shein, Zara, Temu ou H&M – est extrêmement polluante. D’ailleurs, en juin 2025, le Sénat français a voté une loi pour réguler l’ultra fast fashion, interdisant même sa publicité. Avant de faire du shopping, jetez un œil à votre garde-robe. Puis, privilégiez des marques durables, ou achetez de seconde main, que ce soit en boutique ou via des applis comme Vinted ou Depop. À Morzine, Montagne Verte a aussi sa propre boutique de seconde main, avec de nouvelles pièces tous les jours. Venez y faire un tour ! On partage régulièrement nos trouvailles sur Instagram – gardez un œil ouvert !

Apprenez à connaître les poubelles !

Votre hôtel ou Airbnb doit disposer de bacs de tri sélectif – c’est obligatoire dans de nombreux pays. Mais si vous voyagez dans une région avec des règles plus souples, cela peut être moins visible. Prenez une minute pour chercher les points de recyclage locaux (Google est votre ami), ou faites une petite balade pour repérer les bennes. Ce n’est pas parce qu’on est en vacances qu’on est exempt de notre responsabilité environnementale. Pour tout savoir sur le recyclage dans la région du Haut-Chablais, consultez notre blog recyclage !

Marchez, marchez, marchez…

Celui-ci est évident ! Si c’est possible et sûr, privilégiez la marche au lieu de prendre un taxi. Pour les petits trajets, c’est plus agréable et économique. À Morzine, nous disposons aussi de bus gratuits pour rejoindre les villages et le lac.

En résumé…

De nombreux petits gestes simples peuvent rendre vos vacances plus saines, pour vous et pour la planète. Ils ont un point commun : ils demandent juste un peu plus de planification en amont. Pensez à vos moyens de transport, à ce que vous emportez, à vos vêtements. Une fois sur place, soyez attentifs à votre environnement : Où sont les producteurs locaux ? Où sont les bacs de recyclage ? Y a-t-il des restrictions environnementales (sécheresse, etc.) ? En vous posant ces questions simples, vous pouvez réduire considérablement votre impact sur le climat.

Ecrit par Maddy Gordon-Finlayson

8 juillet 2025

Alertes sécheresse en France : que devons-nous faire ?

Le printemps 2025 a vu le nord de la France ainsi qu’une grande partie de l’Europe du Nord connaître une sécheresse exceptionnellement précoce. Des conditions anormalement chaudes se sont prolongées jusqu’à l’été. Seize départements en France ont été placés en alerte rouge, alors que la canicule persiste début juillet. Le pays se prépare à un été marqué par des pénuries d’eau et des restrictions. La sécheresse, en plus de ses effets néfastes sur les secteurs agricoles, peut également entraîner des problèmes au sein des communautés locales, notamment un risque accru d’incendie, un manque d’eau potable et l’assèchement des cours d’eau. En Haute-Savoie, nous avons déjà été placés en restrictions de niveau 2. En pratique, le niveau 2 signifie que des restrictions d’eau peuvent être mises en place localement, mais celles-ci varient selon le département ou la commune. Elles peuvent inclure une réduction des allocations d’eau pour les agriculteurs, l’arrosage des jardins, le remplissage des piscines et le lavage des voitures.

Dans ces conditions, nous avons tous la responsabilité de comprendre notre impact environnemental et d’agir pour assurer la durabilité de nos communautés. Voici ce que nous pouvons faire :

Général

Consultez le site VigiEau pour vérifier le niveau d’alerte qui s’applique à votre zone.

À la maison :

  • Évitez de tirer la chasse d’eau inutilement.
  • Ne laissez pas couler l’eau du robinet pendant que vous vous brossez les dents.
  • Préférez les douches courtes aux bains.
  • N’utilisez la machine à laver que lorsqu’elle est pleine, pour éviter les lavages inutiles.
  • Faites fonctionner le lave-vaisselle uniquement lorsqu’il est complètement rempli. Utilisez le programme “éco” ou “lavage léger” si disponible.
  • Pour laver votre voiture, privilégiez une station de lavage qui recycle l’eau.
  • Remplacez votre pommeau de douche par un modèle à très faible débit.

Au jardin :

  • Récupérez l’eau de pluie pour arroser votre jardin, au lieu d’utiliser un tuyau d’arrosage.
  • Ne laissez pas les tuyaux d’arrosage sans surveillance.
  • Arrosez la pelouse par courtes sessions plutôt qu’une longue, afin que la terre absorbe mieux l’eau.
  • En période de sécheresse extrême, il est préférable de laisser la pelouse sécher pour préserver les arbres et arbustes.
  • Si vous devez arroser votre pelouse, faites-le tôt le matin ou en soirée, quand il fait plus frais.

Piscine :

  • Installez un filtre de piscine économe en eau.
  • Couvrez les piscines et spas pour limiter l’évaporation de l’eau.

Tous ces gestes, petits ou grands, contribuent à économiser l’eau et à limiter les effets des sécheresses extrêmes, afin que nous puissions à nouveau profiter de l’été. Et n’oubliez pas : il est essentiel d’intégrer l’économie d’eau dans vos habitudes quotidiennes, et d’équiper votre maison et votre jardin d’infrastructures durables — pas seulement en période de sécheresse !

Sources utiles et informations complémentaires :

Ecrit par Maddy Gordon-Finlayson

17 avril 2025

Pourquoi composter ?

Nos déchets, en particulier les déchets alimentaires, ne sont pas toujours un sujet de conversation des plus passionnants. Beaucoup d’entre nous préfèrent éviter d’y penser et faire comme s’ils n’existaient pas. Pourtant, réduire le gaspillage alimentaire et composter ce qui peut l’être est non seulement bénéfique pour l’environnement, mais c’est aussi un excellent moyen de faire des économies, d’enrichir les sols et de réduire le volume de nos poubelles.

En France, comme ailleurs en Europe, nous gaspillons encore énormément de nourriture. Selon une estimation du gouvernement français, 8,8 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produites en 2021, soit environ 129 kg par personne !*

D’après l’ONU, les pertes et gaspillages alimentaires représentent environ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’origine humaine. Réduire ces pertes et bien gérer ce que l’on jette peut donc avoir un impact significatif sur notre empreinte carbone collective.

La première étape est de réduire au maximum le gaspillage alimentaire, ce qui nous permet aussi de faire des économies. Nous jetons une quantité incroyable de nourriture en raison d’achats excessifs et de restes non-consommés. Environ la moitié des 129 kg de déchets par personne proviendrait de restes ou d’aliments périmés sans avoir été consommés. L’association Montagne Verte a d’ailleurs publié un guide pratique pour aider chacun à réduire son gaspillage alimentaire, à découvrir ici.

Mais même en faisant attention, il restera toujours des déchets organiques, comme les épluchures ou les coquilles d’œufs. Alors pourquoi ne pas simplement les jeter avec les ordures ménagères ?

La réponse est simple : les déchets organiques ont un impact important sur les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique.

Les biodéchets sont composés à 80 % d’eau, ce qui rend leur incinération particulièrement énergivore et inefficace.

Et s’ils sont enfouis, ils produisent du méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est 25 fois supérieur à celui du CO₂.

Pourtant, lorsqu’ils sont compostés ou méthanisés, ces déchets peuvent devenir une ressource précieuse.

Depuis le 1er janvier 2024, le tri des déchets organiques est devenu obligatoire pour tous les particuliers et les professionnels en France. Le pays fait figure de pionnier au sein de l’Union européenne en matière de recyclage obligatoire. Cependant, certaines collectivités locales, notamment dans le Haut-Chablais, peinent encore à mettre en place des points de collecte municipaux. En attendant des solutions locales, ceux qui ont un jardin peuvent se lancer dans le compostage à domicile.

Si vous avez de l’espace, le compostage domestique vous permet de renforcer la qualité de vos sols, d’apporter des nutriments essentiels à vos plantations, tout en réduisant l’usage de pesticides ou d’engrais chimiques. Vos déchets verts et alimentaires se transforment en un riche substrat qui améliore la structure du sol, sa capacité à retenir l’eau, son aération et sa biodiversité. Et en période de sécheresses estivales – de plus en plus fréquentes – c’est un réel atout pour préserver l’humidité des sols en ralentissant l’évaporation.

Composter et réduire le gaspillage alimentaire, c’est un geste simple, bon pour la planète et pour votre porte-monnaie.
Et si vous utilisez ce compost pour cultiver vos propres légumes, c’est encore mieux ! 😉

Si vous souhaitez vous lancer, vous trouverez notre éco-guide ici.

Si vous habitez dans la région, sachez que la CCHC propose des composteurs à prix réduit.

Pas de jardin ? Peut-être pouvez-vous vous associer à un ami ou voisin qui en a un pour composter ensemble ?

Et si vous tenez un restaurant, un hôtel ou un chalet avec service traiteur, vous pouvez rejoindre notre programme BioCyclette. Nous récupérons vos déchets de cuisine pour les transformer en biogaz. En prime, vous bénéficierez d’une réduction sur votre Redevance Spéciale (correspondant au coût de collecte et de traitement de vos déchets assimilés aux ordures ménagères).

En savoir plus.


*Sources :

19 mars 2025

L’industrie outdoor, Gore-Tex et leur relation troublante avec les déchets.

L’industrie de l’habillement produit jusqu’à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et 9 % des fibres microplastiques [1] qui finissent dans nos océans. Parallèlement, l’industrie consomme 215 billions de litres d’eau par an, ce qui correspond à la consommation de toute la population de la République tchèque [2] pendant un an. Il est donc primordial de prendre des mesures pour réduire l’impact environnemental de l’industrie.

L’industrie des vêtements de plein air représente un segment important du marché total de l’habillement, évalué à 38,6 millions de dollars américains en 2024 [3], de sorte que si des changements interviennent sur le marché des vêtements de plein air, il est à espérer qu’ils s’étendront au reste de l’industrie. L’industrie des vêtements outdoor présente une dichotomie intéressante : les clients qui achètent des vêtements techniques pour passer du temps en plein air financent un marché qui endommage l’environnement dans lequel ils aiment passer du temps. En outre, s’ils ne sont pas recyclés correctement, les produits résistants ne se dégradent pas une fois mis en décharge, car ils sont conçus pour résister à des conditions extérieures difficiles.

Gore-Tex, PFCs et PFAs

Si vous êtes à la recherche d’une veste coupe-vent et totalement imperméable, vous avez sans doute déjà rencontré l’omniprésente veste Gore-Tex. Le Gore-Tex est une membrane imperméable brevetée (épuisée en 1997) qui, dans de bonnes conditions, permet aux petites gouttelettes de vapeur d’eau à l’intérieur du vêtement de s’évaporer à travers la membrane tout en bloquant les grosses gouttes d’eau de pluie provenant de l’extérieur. Des entreprises comme Patagonia, avec ses membranes internes classées H2No [4], ou eVent [5] sont d’autres entreprises qui fabriquent des produits concurrents similaires. La membrane Gore-Tex originale est appelée polytétrafluoroéthylène expansé (ePTFE). Elle est hydrophobe, totalement imperméable et ininflammable, deux propriétés idéales pour les vêtements techniques. 

Malheureusement, la procédure de fabrication de la membrane Gore-Tex originale produit des sous-produits nocifs appelés PFC qui sont rejetés dans l’environnement où ils contaminent les sources d’eau et le sol. De là, les PFC se retrouvent facilement chez l’homme et l’animal, où il a été démontré qu’ils réduisent la fonction immunitaire et provoquent des défaillances d’organes [7] (ce qui n’est pas bon signe). En raison de ces préoccupations environnementales, Gore-Tex a commencé à produire sa membrane imperméable à partir de polyéthylène expansé (ePU) et de polyuréthane (PU) qui, ironiquement, sont deux polymères que d’autres marques ont utilisés pour contourner le brevet original de Gore-Tex [8]. 

NB. Depuis la rédaction de cet article, la France a voté une nouvelle loi interdisant les PFA nocifs, étroitement liés aux PFCs, que l’on trouve dans tous les produits, des ustensiles de cuisine aux vêtements de sport techniques ! En France, nous disposons désormais de la protection la plus forte contre ces « polluants éternels ». Certaines marques, comme Patagonia, ont déjà trouvé des solutions et ne produisent plus de vêtements contenant des PFAs[11].

Les marques susmentionnées proposent des gammes de vestes telles que des vestes légères et pliables pour le cyclisme, la course à pied et la randonnée ou des vestes robustes pour rester au chaud dans une tempête de neige ou lors de l’escalade d’une cascade de glace. Ces vestes présentent différents types de matériaux de construction pour s’adapter à chaque cas d’utilisation et se réfèrent souvent à une construction à trois couches. La construction des vestes à trois couches ressemble à un sandwich, où la membrane imperméable est placée entre deux autres couches de tissu : le tissu de surface et le tissu de support. Le tissu de support est conçu pour être confortable pour l’utilisateur, tandis que le tissu de surface est durable et protège la membrane. Ces trois couches sont laminées l’une à l’autre (à la différence d’un sandwich) pour former une seule pièce de tissu. 

Comme ces couches sont toutes fabriquées à partir de tissus synthétiques différents, les vestes sont très difficiles à recycler. Pour obtenir un produit final recyclé de haute qualité, le lot de matériaux d’entrée doit être composé d’un seul type de polymère. Le matériau Gore-Tex (ou similaire) étant composé de trois types de polymères différents, toute tentative de recyclage par des moyens conventionnels entraînera toujours une certaine contamination, d’où la nécessité de recourir à de nouvelles méthodes de recyclage. Cela entraîne des coûts plus élevés car il n’y a pas d’infrastructure déjà en place et de nouvelles méthodes de recyclage doivent être conçues.

Économie circulaire, réutilisation et changement social.

Réduire la quantité de vêtements outdoor que vous achetez en achetant une fois du matériel durable et en le (ré)utilisant tout au long de son cycle de vie permet d’éviter de le mettre en décharge et de le garder plus longtemps sur le terrain. En outre, de nombreuses grandes marques comme Patagonia avec « Worn Wear » ou Rab avec « Rab Repairs » proposent des services de lavage et de réparation professionnels pour leurs vêtements qui couvrent des matériaux techniques difficiles comme le goretex ou des produits sensibles comme les vestes en duvet. Ainsi, même les réparations les plus délicates peuvent être effectuées. Ensuite, lorsque l’équipement ne vous sert plus ou que le vêtement est plus réparé que la veste d’origine, déposez-le dans un centre de recyclage de vêtements ou donnez-le à un magasin de seconde main pour qu’il retrouve une nouvelle jeunesse.

Les magasins d’occasion (comme celui de Montagne Verte à Morzine) réduisent considérablement les déchets, ils constituent une plaque tournante pour le recyclage des vêtements et un endroit où vous pouvez faire de bonnes affaires. Si vous n’avez pas accès à un magasin à proximité, des boutiques en ligne comme le géant mondial eBay ou des sites de vente de vêtements plus spécifiques comme Depop et Vinted vous permettront de vendre les vêtements dont vous ne voulez plus. Les boutiques de bienfaisance sont idéales car elles favorisent le sens de la communauté et promeuvent une culture de la revente de vêtements. Le comportement individuel est important dans la lutte contre le changement climatique, mais des changements plus importants au niveau social, commercial et politique sont nécessaires si nous voulons avoir un effet notable. Espérons que la nouvelle loi française aura un effet boule de neige dans le monde entier. 

écrit par Ally Mayhew

Sources

[1] ‘UNEP and UN Climate Change Provide Fashion Communicators with Practical Guide to Contribute to Sustainable Change’, unfccc.int, 29/06/23 https://unfccc.int/news/unep-and-un-climate-change-provide-fashion-communicators-with-practical-guide-to-contribute-to 

[2] ‘Countries in the world by population (2024)’, worldometers.info, Date Accessed 11/09/24, https://www.worldometers.info/world-population/population-by-country/ 

[3] ‘Outdoor clothing market value forecast worldwide from 2021 until 2027’, statistica.com, P. Smith, 13/02/23, https://www.statista.com/statistics/979475/outdoor-clothing-market-value-forecast-worldwide/ 

[4] ‘H2no Performance Standard’, Patagonia.com, Date Accessed 14/09/24, https://eu.patagonia.com/gb/en/our-footprint/h2no-performance-standard.html 

[5] ‘Our Products’, eVent.com, Date Accessed 14/09/24, https://www.eventfabrics.com/products/ 

[6] ‘The Future of Waterproof, Breathable Outerwear is PFC-Free’, off-pistemag.com, 16/03/24, https://offpistemag.com/pfc-free-gore-tex/#:~:text=As%20of%202023%2C%20Gore%20has,equivalents%20without%20harmful%20PFC%20byproducts

[7] ‘Perfluorinated Chemicals Fact Sheet’, Agency for Toxic Substances and Disease Registry, 01/09/24, https://www.atsdr.cdc.gov/sites/pease/documents/perflourinated_chemicals_508.pdf 

[8] ‘Gore-Tex is a Marketing Gimic’, Fortnine, youtube.com, 01/11/23, https://www.youtube.com/watch?v=GGEzJJYiROk&t=534s 

[9] ‘How to Restore the Durable Water Repellence of Your Raingear”, goretex.com, 04/01/17, https://www.gore-tex.com/blog/restore-durable-water-repellency-raingear 

[10] ‘Rainwear Maintenance’, euro.montbell.com, accessed 25/10/24, https://euro.montbell.com/special/product_info/rainwear_maintenance_sw/ 

[11] ‘Made without PFAS’ Patagonia https://www.patagonia.com.au/pages/pfc-pfas-free

5 mars 2025

Réfléchissez avant d’acheter :  L’impact environnemental de la fast fashion

Montagne Verte a lancé sa friperie en 2021, comme l’une de nos premières actions concrètes mises en place. Nous avons choisi de le faire en raison de l’énorme impact environnemental de l’industrie textile, qui génère plus d’émissions que l’aviation et le transport maritime combinés. Montagne Verte, inspirée par les actions de OneTree à Bozel, avait pour objectif de trouver un moyen de réutiliser localement les vêtements non désirés afin d’éviter qu’ils ne soient mis en décharge ou incinérés.

Quelques années plus tard, nous nous retrouvons inondés de dons, dont beaucoup sont impossibles à vendre en raison de leur qualité. L’industrie de la mode rapide crée d’énormes quantités d’articles de mauvaise qualité et a un impact massif sur le marché de l’occasion. 

Refashion a indiqué qu’en 2022, rien qu’en France, 3,3 milliards de vêtements ont été mis en vente, ce qui représente environ 50 vêtements par an pour chaque membre de la population. L’un d’entre nous a-t-il besoin d’un nouveau vêtement chaque semaine ?
Les enseignes de la « fast fashion » ont changé notre façon de faire les courses, en produisant d’énormes quantités de vêtements bon marché, copiant les derniers looks des défilés et des célébrités, ce qui fait que 85 % de tous les textiles sont jetés dans les décharges chaque année. Une grande partie de la production répond à un style à court terme et est jetée par l’acheteur après avoir été portée quelques fois. Même s’il est donné à un magasin de charité, il n’est souvent ni assez désirable ni assez qualitatif pour avoir du succès sur le marché de l’occasion. Malheureusement, beaucoup de ces articles finissent à la décharge ou à l’incinération après avoir été portés quelques fois seulement. Aujourd’hui, nous ne portons en moyenne que sept fois chaque vêtement acheté.

Le décharge n’est pas le seul problème. La plupart de ces vêtements sont fabriqués à partir de fibres synthétiques, ce qui représente aujourd’hui 1,35 % de la consommation mondiale de pétrole. Ce chiffre dépasse la consommation annuelle de pétrole de l’Espagne. Lorsque nous lavons ces vêtements, ils libèrent des microfibres qui polluent les cours d’eau et les océans. 

Une énorme quantité d’eau est également utilisée pour fabriquer ces vêtements, puisqu’il faut environ 2 000 gallons d’eau pour produire une paire de jeans. Sarah Gray, analyste en chef de l’ONG environnementale mondiale WRAP, a déclaré que l’empreinte hydrique de nos textiles est suffisante pour fournir de l’eau potable à plus de la moitié de la population mondiale. La teinture des textiles est également le deuxième plus grand pollueur d’eau, car ces eaux usées sont souvent déversées dans les ruisseaux et les rivières.

L’impact de cette industrie va au-delà de l’environnement, créant des problèmes sociétaux dans les pays qui produisent ces articles. Les ouvriers de l’habillement sont souvent sous-payés et travaillent dans des conditions de surpopulation dangereuses, ce qui a été mis en évidence dans les médias internationaux après l’effondrement en 2013 d’un bâtiment d’usine à Dhaka, au Bangladesh. Fashion Checker a constaté en 2023 que 93 % des marques interrogées ne versent pas un salaire décent aux travailleurs de l’habillement.

Il est temps d’agir, ces vêtements sont produits parce que nous les achetons, et il est en notre pouvoir de mettre un terme à cette industrie polluante et exploiteuse.

Alors, que pouvons-nous faire, vous et moi ?

  1. Achetez moins – demandez-vous si vous avez vraiment besoin d’un nouveau haut ou d’un nouveau pantalon.
  2. Achetez des articles d’occasion lorsque c’est possible et cédez ceux que vous ne portez plus.
  3. N’achetez que des articles de bonne qualité que vous aimez, surtout si vous achetez du neuf. Vérifiez les matériaux utilisés pour la fabrication du vêtement et utilisez des outils tels que Fashion Transparency Index pour connaître l’évaluation du détaillant. Évitez les marques de fast fashion.
  4. Prenez soin de vos vêtements : lavez-les moins souvent et avec des cycles plus froids, et réparez-les si nécessaire
  5. Si vous avez une occasion spéciale, envisagez de louer ou d’emprunter votre tenue.
  6. Organisez un échange de vêtements avec vos amis.

16 janvier 2025

Pourquoi prendre le train ?

Les transports sont à l’origine d’environ un tiers des émissions mondiales de carbone [1], de sorte qu’à mesure que nous évoluons vers une société plus verte, il sera impératif d’adopter des moyens de transport plus durables pour progresser. L’utilisation de moyens de transport plus écologiques, tels que le train, est une mesure claire que les individus peuvent prendre en faveur de l’environnement, dans une société où nous nous sentons souvent incapables d’apporter une contribution notable. Si de plus en plus d’individus utilisent le train comme principal moyen de transport sur de longues distances, les entreprises s’en apercevront, les investissements augmenteront et, avec l’argent, l’influence se fera sentir.

Le transport est un aspect essentiel de toute civilisation moderne ; il permet d’améliorer la qualité de vie en offrant des possibilités supérieures en matière d’éducation, d’économie et de voyage. Il existe une multitude de raisons pour lesquelles voyager en train est un excellent choix, que ce soit pour se déplacer d’une ville à l’autre ou pour effectuer un voyage au long cours à travers l’Europe !

Photo: Piotr Guzik

Confort

En raison du coût élevé de l’aviation [2], l’espace est compté à bord des vols commerciaux. C’est pourquoi les compagnies aériennes, motivées par le profit, s’efforcent d’entasser le plus grand nombre de sièges possible dans chaque avion. En comparaison, les sièges de train sont plus larges, plus longs et offrent un meilleur espace pour les jambes. De plus, à n’importe quel moment du voyage en train, vous pouvez vous déplacer dans l’allée (sans être gêné par le panneau « Attachez votre ceinture ») pour vous dégourdir les jambes, aller aux toilettes ou prendre un en-cas.

Commodité/connectivité

Dans de nombreuses villes modernes, la gare est située dans un endroit central. Lorsque vous quittez votre train, vous êtes immédiatement au centre de l’activité, d’où vous pouvez commencer votre visite. Comme les trains circulent sur terre, ils peuvent utiliser les réseaux mobiles pour fournir une connexion wi-fi continue. Que vous utilisiez la connexion pour vous divertir tout au long du voyage ou pour travailler un peu plus pendant votre trajet, la connectivité supplémentaire transforme les temps morts en moments fructueux, agréables ou productifs. Bien sûr, le wi-fi est disponible dans de nombreux avions, mais ce n’est pas le cas si vous voyagez en voiture.

Nous connaissons tous le stress d’arriver à l’aéroport quatre heures avant le vol, de faire la queue avec des centaines d’autres passagers inquiets et en manque de sommeil pour peser nerveusement ses bagages. Ensuite, il faut encore faire la queue et se faire titiller par les agents de sécurité de l’aéroport qui ne manqueront pas de confisquer votre dentifrice préféré. Il faut ensuite courir jusqu’à la porte d’embarquement pour être sûr de ne pas rater son vol. En revanche, lorsque vous voyagez en train, si vous ratez le départ prévu, il vous suffit de sauter dans le train suivant, probablement moins d’une heure plus tard [3]. Par rapport aux vols long-courriers : bien sûr, le temps investi dans la traversée de l’aéroport est rentabilisé, mais si vous effectuez un court trajet, le processus d’embarquement et de débarquement plus efficace du voyage en train peut s’avérer être le choix le plus rapide.

Clarté

Vous savez ce que vous obtenez lorsque vous achetez un billet de train ; il n’y a pas de frais cachés, pas de frais pour apporter des bagages supplémentaires et pas de frais pour s’asseoir là où vous le souhaitez. Les voyages terrestres sont plus stimulants et plus convaincants, et la possibilité de voir chaque partie du paysage entre votre destination et votre point d’origine est enrichissante et donne un contexte à votre emplacement.

Coût

En raison du prix de base exorbitant des vols intérieurs, tous les aspects du transport aérien sont largement subventionnés par les pouvoirs publics, à tel point que chaque heure, 4 millions d’euros de taxes potentielles sur les compagnies aériennes sont ignorés [4]. Les aides sont accordées presque sans tenir compte des émissions de CO2 des avions ; les instances dirigeantes manquent une occasion facile d’exiger que les avions répondent à certaines exigences écologiques pour pouvoir bénéficier des subventions.Un exemple de ces subventions gouvernementales est l’exonération du carburant d’aviation de la taxe sur les carburants, qui est un prélèvement sur les combustibles fossiles hydrocarbonés [6] , et de la TVA. Il s’agit là de deux des plus importantes subventions accordées, qui se traduisent par des prix artificiellement bas pour les billets d’avion et font pencher la balance en défaveur des trains.

Comparaison des émissions des différents modes de transport, en équivalent CO2 par kilomètre parcouru

Carbone

Les émissions de carbone sont principalement produites sous la forme de CO2 (dioxyde de carbone), qui est un gaz à effet de serre au même titre que le méthane et l’oxyde nitreux. Le dioxyde de carbone est de loin le plus répandu en raison de l’activité humaine qui en produit une grande quantité. Ces gaz réchauffent la planète en réfléchissant la lumière qui a rebondi sur la Terre (et qui serait autrement partie dans l’espace) vers la Terre. L’augmentation des températures résultant de ce processus pose un problème car elle fait fondre la neige, augmente le niveau des mers en faisant fondre la glace et provoque des sécheresses en perturbant des systèmes météorologiques stables depuis longtemps.

Un adulte moyen produit 4,7 tonnes de CO2 par an [6]. Un vol aller-retour Londres-Rome produit 234 kg de CO2 [7], soit 5 % de vos émissions annuelles en 5 heures de voyage.

La marche ou le vélo sont les options idéales pour les déplacements à faible émission de carbone. Si vous utilisez un vélo plutôt qu’une voiture, vos émissions seront réduites de 75 % [8] (bien que les émissions de carbone dépendent de ce que vous mangez). Mais lorsque vous devez aller plus loin, comment comparer les options ?

Le train est la crème de la crème des voyages longue distance à faible émission de carbone, puisqu’il réduit les émissions de 80 % par rapport à la voiture et de 86 % par rapport à l’avion. Plus impressionnant encore, prendre l’Eurostar de Londres à Paris ou à Bruxelles réduirait vos émissions de carbone de 97 % par rapport à l’avion.

Il est important de noter que lorsque le nombre de passagers d’une voiture augmente, les émissions de carbone par personne diminuent. Dans la mesure du possible, vous devriez donc faire du covoiturage lors de vos déplacements.

Les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, ainsi que la Chine en Asie, produisent des émissions relativement importantes. L’Inde, l’Afrique et l’Amérique du Sud (régions qui seront parmi les plus touchées par l’augmentation des températures mondiales) produisent ensemble moins que l’Europe. En Europe, nos émissions annuelles sont supérieures à la moyenne mondiale. Pour ralentir le réchauffement de la planète, il faut réduire de moitié les émissions de carbone produites par chacun d’entre nous. Il s’agit d’une question complexe ; le site web « Ourworldindata » [9] permet d’en savoir plus et d’effectuer des comparaisons.

Carte des trains alpins

Quelles sont les options pour se rendre dans les Alpes depuis l’Europe ? Heureusement, David Cooper a conçu une carte très pratique pour SnowCarbon, détaillant les principales lignes ferroviaires depuis l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suisse vers les Alpes ou les Pyrénées. L’auteur de ce blog a voyagé de Vienne à Morzine en une journée en train et en bus, ainsi que d’Edimbourg aux Alpes en train via Londres, donc c’est possible. Commencer à l’est des Alpes et traverser les Alpes occidentales a été un voyage magnifique avec des vues alpines classiques à couper le souffle tout au long du trajet.

Guides de voyage AlpinExpress

Montagne Verte a créé une série de guides de voyage pour faciliter la traversée de Paris et indiquer comment se rendre de la gare à la station. Ces guides sont pratiques et contiennent toutes les informations nécessaires à votre voyage. Vous les trouverez ici.

Le Rail-Ski Map de snowcarbon.com, par David Cooper.

Sources

[1] ‘Transport and Mobility’, European Environment Agency, S Bakker, 12/06/2024

[2] ‘The Cost of Flying, What Airlines Have To Pay To Get you into the Air’, Simpleflying.com, J Hayward, L Ahlgren, A Mitchell, 22/11/2023

[3] ‘Train Timetable Paris-London’, sncf-connect.com, accessed: 22/07/2024

[4] ‘Price of Aviation’, transportenvironment.org, accessed: 24/07/2024

[5] ‘Fuel Duties’, obr.uk, Office for Budget Responsibility, 04/04/2024

[6] ‘The world’s top 1% of emitters produce over 1000 times more CO2 than the bottom 1%’, iea.org, 22/02/2024

[7] ‘Even Short Haul Flights Produce Huge Amounts of CO2 Figures Show’, theguardian.com, N Kommenda, 19/07/2019

[8] ‘Which Form of Transport has the Smallest Carbon Footprint?’, ourworldindata.org, H Ritchie, 30/08/2023

[9] ‘CO2 Emmisions, How much CO2 does the world emit? Which countries emit the most’ Ourworldindata.com, H Ritchie and M Roser, 15/01/2024