4 février 2025

De Londres aux Alpes en train, avec une escapade à Paris

À l’époque, j’étais un adepte du SkiTrain ou du Snowcoach – je quittais le travail (à Sheffield) le vendredi soir et je skiais dès le samedi après-midi.

Depuis que je vis à Morzine, j’ai pris l’habitude d’utiliser les compagnies aériennes low-cost pour des raisons de prix et de rapidité. Mais dans un souci d’écologie (et après un petit rappel à l’ordre de ma mère qui voulait venir me rendre visite), j’ai réservé l’Eurostar pour mon prochain voyage. (Qui aime faire la queue à l’aéroport, suivre des règles changeantes et subir des turbulences ? Et avec le changement climatique, celles-ci ne feront qu’empirer.)

Tu sais quoi ? Cela s’est en fait révélé moins cher et aurait pris à peu près le même temps si je n’avais pas décidé de profiter du trajet pour ajouter des pauses à Londres et Paris.

Avec ma mère de 78 ans et nos deux petits sacs à dos, nous avons passé un excellent moment. Voyage lent, moments de qualité et 24 heures dans deux capitales : le trajet a fait partie intégrante de nos vacances.

Avantages de l’Eurostar

  • Enregistrement 45-60 minutes avant le départ, et non 3 heures !
  • Embarquement 20 minutes avant le départ.
  • Contrôle de passeport rapide et double : au départ et aucun contrôle à l’arrivée.
  • Contrôle des billets directement à votre place – pas de file d’attente !
  • Bagages : Pas de restrictions compliquées ni de files d’attente, ils restent avec vous.
  • Pas de limite de 100 ml pour les liquides – emmenez une bouteille d’eau ou une gourde.
  • Café/Restaurant : déplacez-vous à votre convenance, mangez sur place ou à votre siège.
  • WIFI gratuit en gare et à bord – le paradis pour travailler sur son ordinateur portable.
  • Impact carbone : Eurostar Londres-Paris génère 4 g de CO2e par passager/km, contre 151 g pour un vol court-courrier européen.

Comparaison train/avion/voiture (quantitatif et qualitatif)

Trajet : Centre de Londres → Morzine

(Base : 1 personne, aller simple, fin de semaine – mai 2024)

(Coût, durée et confort pris en compte. Temps basés sur les horaires standards et sans retard.)

Temps basés sur les horaires standards et sans retard.

Train 131€

Eurostar 59 €, Métro 2 €, TGV 48 €, Léman Express & Bus 22 €

Durée: 9 hours, reposant

❌️ Plus lent, changement de gare à Paris

✔️ Relaxing

Avion 170€

100€ Easyjet, 60€ transfert partagé, 10€ train to LGW

Durée : 7h, inconfortable et stressant

❌️ Files d’attente interminables, turbulences, espace réduit

✔️ Rapide

Voiture 306€

Carburant, péages, Eurotunnel + 45€ optionnel pour une nuit d’hôtel à Troyes

Durée : 13h, fatiguant

❌️ Coût supplémentaire : parking, entretien, assistance panne

✔️ Partage de voiture possible, flexibilité des arrêts

N.b. Le ferry est moins cher et permet de se dégourdir les jambes, mais il est un peu plus long.

Merci à Dan et son Renault Mégane diesel !

Astuces

Bus

Les Flixbus, Megabus et bus régionaux ne sont pas toujours ponctuels en France et au Royaume-Uni. Ils sont modernes, confortables et économiques (et garantissent un siège, contrairement aux trains britanniques !). Parfaits pour une mini-escapade, mais peu fiables pour les correspondances.

Trains

Cherchez le train direct Paris Gare de Lyon → Thonon qui circule le samedi.

Eurostar

  • Recherchez les offres spéciales… billets à partir de 39€ !
  • Voyagez en milieu de semaine pour réduire le coût du TGV Paris-Genève (tarifs hors pointe).
  • Réservez des places face à la marche si vous voulez être dans le bon sens. Le wifi est gratuit, et il y a des prises sous les sièges.
  • Apportez un pique-nique pour économiser.

Metro de Paris

Achetez un carnet de 10 tickets au café des voitures 8/9 ou un ticket simple à la gare (2,50 €). Gratuit pour les moins de 4 ans.

Pass journée : 8,65 € (2 zones) – une option avantageuse si vous visitez Paris.
Le pass « Navigo » permet aussi d’accéder gratuitement aux toilettes verrouillées !

Réservations


Nous avons économisé du temps, de l’argent et du stress en réservant hôtels, billets de théâtre, plateformes panoramiques et restaurants à l’avance. Cela nous a aussi permis d’avoir un cadre organisé tout en laissant place à l’imprévu. Nous avons par exemple accédé gratuitement à la plus haute plateforme d’observation d’Europe (254m) !

Hôtels & bagages

Cela vaut toujours le coup de demander demander si la chambre est prête en avance ou si vous pouvez laisser vos bagages. Nous avons pu accéder à nos chambres 3h plus tôt à Londres et Paris.

Plus…

Le Pass AlpinExpress

En prouvant que vous avez voyagé en train (via ce site), vous recevez un certificat donnant droit à 10% de réduction sur cafés, massages, forfaits de ski, transferts, boutiques et location d’équipement.

Guide Paris en express

24 hours… Déposez vos bagages et suivez votre itinéraire.

Demi journée… Restez près de votre gare et savourez un Café Gourmand.

Transfert rapide : Toilettes gratuites dans le train !

Gare de Lyon (12e arr): Promenade le long de la Seine, Parc de Bercy, bar rooftop Laho

Gare du Nord (10e arr): Balade à Montmartre, Boulangerie Utopie (20 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris).

Panorama express : Montez 300 marches jusqu’à la Tour Saint-Jacques, (12€, mer-dim) pour une vue à couper le souffle !

Où dormir si vous partez vers le sud…

Solo: The People, Nation

En couple: Hotel l’Union

Où dormir si vous partez vers le nord…

Solo: Generator Paris

En couple: Avalon Hotel

Dernières réflexions…

En ramenant ma mère à l’aéroport de Genève (avec un détour par Yvoire, charmant village médiéval au bord du lac Léman – car aucun voyage ne doit être perdu !), j’ai réalisé que nous avions fait train, voiture et avion.

Si j’ai pu faire ce voyage avec ma mère de 78 ans (et souvent porter ses bagages !), alors un accro du ski n’aura aucun mal.

Voyager avec des skis ou des enfants ? C’est totalement faisable. Mais privilégiez le bagage cabine et louez le matériel sur place : c’est plus simple et plus économique.

Changer de gare à Paris peut sembler compliqué, mais c’est une ville compacte (17 fois plus petite que Londres !), parfaite pour une escapade. Un bon choix si vous aimez lire/travailler en voyage, si vous êtes écolo ou si vous n’aimez pas l’avion.
J’ai aidé Montagne Verte à créer un guide pratique et j’y ai partagé toutes mes meilleures astuces !

Auteur: Ali Coldwell

16 janvier 2025

Pourquoi prendre le train ?

Les transports sont à l’origine d’environ un tiers des émissions mondiales de carbone [1], de sorte qu’à mesure que nous évoluons vers une société plus verte, il sera impératif d’adopter des moyens de transport plus durables pour progresser. L’utilisation de moyens de transport plus écologiques, tels que le train, est une mesure claire que les individus peuvent prendre en faveur de l’environnement, dans une société où nous nous sentons souvent incapables d’apporter une contribution notable. Si de plus en plus d’individus utilisent le train comme principal moyen de transport sur de longues distances, les entreprises s’en apercevront, les investissements augmenteront et, avec l’argent, l’influence se fera sentir.

Le transport est un aspect essentiel de toute civilisation moderne ; il permet d’améliorer la qualité de vie en offrant des possibilités supérieures en matière d’éducation, d’économie et de voyage. Il existe une multitude de raisons pour lesquelles voyager en train est un excellent choix, que ce soit pour se déplacer d’une ville à l’autre ou pour effectuer un voyage au long cours à travers l’Europe !

Photo: Piotr Guzik

Confort

En raison du coût élevé de l’aviation [2], l’espace est compté à bord des vols commerciaux. C’est pourquoi les compagnies aériennes, motivées par le profit, s’efforcent d’entasser le plus grand nombre de sièges possible dans chaque avion. En comparaison, les sièges de train sont plus larges, plus longs et offrent un meilleur espace pour les jambes. De plus, à n’importe quel moment du voyage en train, vous pouvez vous déplacer dans l’allée (sans être gêné par le panneau « Attachez votre ceinture ») pour vous dégourdir les jambes, aller aux toilettes ou prendre un en-cas.

Commodité/connectivité

Dans de nombreuses villes modernes, la gare est située dans un endroit central. Lorsque vous quittez votre train, vous êtes immédiatement au centre de l’activité, d’où vous pouvez commencer votre visite. Comme les trains circulent sur terre, ils peuvent utiliser les réseaux mobiles pour fournir une connexion wi-fi continue. Que vous utilisiez la connexion pour vous divertir tout au long du voyage ou pour travailler un peu plus pendant votre trajet, la connectivité supplémentaire transforme les temps morts en moments fructueux, agréables ou productifs. Bien sûr, le wi-fi est disponible dans de nombreux avions, mais ce n’est pas le cas si vous voyagez en voiture.

Nous connaissons tous le stress d’arriver à l’aéroport quatre heures avant le vol, de faire la queue avec des centaines d’autres passagers inquiets et en manque de sommeil pour peser nerveusement ses bagages. Ensuite, il faut encore faire la queue et se faire titiller par les agents de sécurité de l’aéroport qui ne manqueront pas de confisquer votre dentifrice préféré. Il faut ensuite courir jusqu’à la porte d’embarquement pour être sûr de ne pas rater son vol. En revanche, lorsque vous voyagez en train, si vous ratez le départ prévu, il vous suffit de sauter dans le train suivant, probablement moins d’une heure plus tard [3]. Par rapport aux vols long-courriers : bien sûr, le temps investi dans la traversée de l’aéroport est rentabilisé, mais si vous effectuez un court trajet, le processus d’embarquement et de débarquement plus efficace du voyage en train peut s’avérer être le choix le plus rapide.

Clarté

Vous savez ce que vous obtenez lorsque vous achetez un billet de train ; il n’y a pas de frais cachés, pas de frais pour apporter des bagages supplémentaires et pas de frais pour s’asseoir là où vous le souhaitez. Les voyages terrestres sont plus stimulants et plus convaincants, et la possibilité de voir chaque partie du paysage entre votre destination et votre point d’origine est enrichissante et donne un contexte à votre emplacement.

Coût

En raison du prix de base exorbitant des vols intérieurs, tous les aspects du transport aérien sont largement subventionnés par les pouvoirs publics, à tel point que chaque heure, 4 millions d’euros de taxes potentielles sur les compagnies aériennes sont ignorés [4]. Les aides sont accordées presque sans tenir compte des émissions de CO2 des avions ; les instances dirigeantes manquent une occasion facile d’exiger que les avions répondent à certaines exigences écologiques pour pouvoir bénéficier des subventions.Un exemple de ces subventions gouvernementales est l’exonération du carburant d’aviation de la taxe sur les carburants, qui est un prélèvement sur les combustibles fossiles hydrocarbonés [6] , et de la TVA. Il s’agit là de deux des plus importantes subventions accordées, qui se traduisent par des prix artificiellement bas pour les billets d’avion et font pencher la balance en défaveur des trains.

Comparaison des émissions des différents modes de transport, en équivalent CO2 par kilomètre parcouru

Carbone

Les émissions de carbone sont principalement produites sous la forme de CO2 (dioxyde de carbone), qui est un gaz à effet de serre au même titre que le méthane et l’oxyde nitreux. Le dioxyde de carbone est de loin le plus répandu en raison de l’activité humaine qui en produit une grande quantité. Ces gaz réchauffent la planète en réfléchissant la lumière qui a rebondi sur la Terre (et qui serait autrement partie dans l’espace) vers la Terre. L’augmentation des températures résultant de ce processus pose un problème car elle fait fondre la neige, augmente le niveau des mers en faisant fondre la glace et provoque des sécheresses en perturbant des systèmes météorologiques stables depuis longtemps.

Un adulte moyen produit 4,7 tonnes de CO2 par an [6]. Un vol aller-retour Londres-Rome produit 234 kg de CO2 [7], soit 5 % de vos émissions annuelles en 5 heures de voyage.

La marche ou le vélo sont les options idéales pour les déplacements à faible émission de carbone. Si vous utilisez un vélo plutôt qu’une voiture, vos émissions seront réduites de 75 % [8] (bien que les émissions de carbone dépendent de ce que vous mangez). Mais lorsque vous devez aller plus loin, comment comparer les options ?

Le train est la crème de la crème des voyages longue distance à faible émission de carbone, puisqu’il réduit les émissions de 80 % par rapport à la voiture et de 86 % par rapport à l’avion. Plus impressionnant encore, prendre l’Eurostar de Londres à Paris ou à Bruxelles réduirait vos émissions de carbone de 97 % par rapport à l’avion.

Il est important de noter que lorsque le nombre de passagers d’une voiture augmente, les émissions de carbone par personne diminuent. Dans la mesure du possible, vous devriez donc faire du covoiturage lors de vos déplacements.

Les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, ainsi que la Chine en Asie, produisent des émissions relativement importantes. L’Inde, l’Afrique et l’Amérique du Sud (régions qui seront parmi les plus touchées par l’augmentation des températures mondiales) produisent ensemble moins que l’Europe. En Europe, nos émissions annuelles sont supérieures à la moyenne mondiale. Pour ralentir le réchauffement de la planète, il faut réduire de moitié les émissions de carbone produites par chacun d’entre nous. Il s’agit d’une question complexe ; le site web « Ourworldindata » [9] permet d’en savoir plus et d’effectuer des comparaisons.

Carte des trains alpins

Quelles sont les options pour se rendre dans les Alpes depuis l’Europe ? Heureusement, David Cooper a conçu une carte très pratique pour SnowCarbon, détaillant les principales lignes ferroviaires depuis l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suisse vers les Alpes ou les Pyrénées. L’auteur de ce blog a voyagé de Vienne à Morzine en une journée en train et en bus, ainsi que d’Edimbourg aux Alpes en train via Londres, donc c’est possible. Commencer à l’est des Alpes et traverser les Alpes occidentales a été un voyage magnifique avec des vues alpines classiques à couper le souffle tout au long du trajet.

Guides de voyage AlpinExpress

Montagne Verte a créé une série de guides de voyage pour faciliter la traversée de Paris et indiquer comment se rendre de la gare à la station. Ces guides sont pratiques et contiennent toutes les informations nécessaires à votre voyage. Vous les trouverez ici.

Le Rail-Ski Map de snowcarbon.com, par David Cooper.

Sources

[1] ‘Transport and Mobility’, European Environment Agency, S Bakker, 12/06/2024

[2] ‘The Cost of Flying, What Airlines Have To Pay To Get you into the Air’, Simpleflying.com, J Hayward, L Ahlgren, A Mitchell, 22/11/2023

[3] ‘Train Timetable Paris-London’, sncf-connect.com, accessed: 22/07/2024

[4] ‘Price of Aviation’, transportenvironment.org, accessed: 24/07/2024

[5] ‘Fuel Duties’, obr.uk, Office for Budget Responsibility, 04/04/2024

[6] ‘The world’s top 1% of emitters produce over 1000 times more CO2 than the bottom 1%’, iea.org, 22/02/2024

[7] ‘Even Short Haul Flights Produce Huge Amounts of CO2 Figures Show’, theguardian.com, N Kommenda, 19/07/2019

[8] ‘Which Form of Transport has the Smallest Carbon Footprint?’, ourworldindata.org, H Ritchie, 30/08/2023

[9] ‘CO2 Emmisions, How much CO2 does the world emit? Which countries emit the most’ Ourworldindata.com, H Ritchie and M Roser, 15/01/2024

12 juillet 2022

Le futur de Montagne Verte

Au commencement 

Lorsque Montagne Verte a été créé il y a 3 ans et demi, le contexte était très différent. C’est bien sûr prévisible puisque le changement est la seule constante ; et nous espérons toujours que le monde évolue ! Cependant, nous réfléchissons au fait que notre objectif et notre raison d’être doivent également évoluer parallèlement à la situation locale et mondiale. 

Les différences les plus notables entre hier et aujourd’hui (en lien avec nos actions !) sont les suivantes : 

  • 2 116 juridictions dans 39 pays (dont la France) ont déclaré un état d’urgence climatique. 
  • Le climat fait enfin partie de l’agenda politique, tant de la part de nos mairies locales que du gouvernement national. 
  • Morzine-Avoriaz a obtenu le label Flocon Vert. 

Lors de sa création, Montagne Verte s’est surtout concentrée sur la réalisation d’un Pacte pour les entreprises et l’organisation d’événements de sensibilisation. Nous n’avions pas réalisé à quel point l’élan allait rapidement prendre de l’ampleur et au cours des 6 premiers mois, nous avons développé les objectifs suivants que nous avons présentés en septembre 2019. 

Nos objectifs en 2019 

  • Impliquer la communauté dans notre mission de devenir une destination touristique durable. 
  • Collecter des fonds pour employer un directeur du développement durable 
  • Inscrire la crise climatique à l’ordre du jour des politiques locales. 
  • Soutenir les entreprises pour qu’elles réduisent leur impact environnemental grâce à notre Pacte. 
  • Organiser des événements de sensibilisation et créer un réseau de personnes motivées. 

La réponse a été fantastique et la communauté a été d’un soutien incroyable (merci !). Grâce à la générosité des membres donateurs, des bénévoles engagés et de tous ceux qui ont participé à l’aventure, nous avons pu accomplir de nombreuses actions. 


Nos actions réalisées 

Nous avons : 

  • Employé un directeur du développement durable qui : 
    – a rencontré de nombreuses parties prenantes afin de recenser les enjeux sociaux et environnementaux locaux. 
    – a dressé une liste détaillée de 50 projets pertinents de difficulté variable dans les catégories « Zéro déchet – Zéro carbone – Total biorespect ». 
    – a effectué une analyse détaillée du projet EMA et produit un rapport largement diffusé et discuté. 
    – a présenté un projet train et projet biodéchets à la mairie et à la CCHC. 
  • 36 entreprises se sont engagées avec Le Pacte 
  • Création d’une série de ressources documentées comme les Pages Vertes. 
  • Organisation de 28 événements 
  • Ouverture d’un magasin de seconde main 
  • Collaboration avec de nombreuses associations partenaires
  • Embauche d’un secrétaire général 
  • Participation au comité de pilotage du label Flocon Vert de Morzine-Avoriaz. 
  • Création d’une communauté en ligne engagée avec plus de 1000 abonnés à notre newsletter et à nos réseaux sociaux. 
  • De nombreux articles de presse dans des médias locaux, nationaux et internationaux. (voir notre revue de presse) 
  • Et bien d’autres! 

Nos défis 

Nous nous sommes lancés dans ce projet en sachant que s’attaquer à un phénomène de l’ampleur du changement climatique ne se ferait pas sans difficultés. Bien que nous soyons très fiers de nos actions jusqu’à présent, nous aurions aimé en faire plus, mais divers obstacles ont limité notre portée et nous ont obligés à reconsidérer nos objectifs : 

  • La crise du Covid-19 est arrivée à un moment où nous avions développé un élan significatif, ce qui est devenu la préoccupation principale de toutes les personnes impliquées au niveau personnel, professionnel et municipal, ce qui a forcément ralenti notre rythme.
  • Benoît, notre directeur du développement durable, n’a pas pu avancer sur nos projets clés car les ressources de nos intervenants étaient concentrées sur la gestion de la phase de crise de la pandémie. Malheureusement, sa fenêtre de disponibilité s’est ensuite refermée car il a dû accepter un autre emploi.
  • Les conditions commerciales du projet de train ont changé de manière significative. La SNCF a modifié ses conditions d’affrètement d’un train, ce qui aurait obligé Montagne Verte à prendre un risque financier très important, ce qui ne nous semblait pas être une utilisation judicieuse de nos ressources.  
  • Après un accueil initial positif de la part des membres clés de la CCHC, le projet de biodéchets n’a pas gagné en popularité au sein de l’organisation (en charge de la gestion des déchets au niveau local), et malgré nos efforts pour encourager sa progression, il a été mis de côté en prévision d’une directive nationale pour les communes de gérer les biodéchets.  
  • Certains habitants de Morzine étaient en désaccord avec notre décision de fournir une analyse de l’impact de l’EMA. Nous pensons que cette opposition nous a empêchés d’avancer dans certains domaines, comme le fait de ne pas être acceptés comme membres de l’Office du Tourisme de Morzine ou de ne pas pouvoir jouer un rôle plus collaboratif avec le Conseil municipal de Morzine. 
  • La vie personnelle et professionnelle de plusieurs de nos membres du conseil d’administration a changé de façon significative, tous ne sont plus en mesure de consacrer autant de temps au projet qu’auparavant, tandis que certains ne vivent plus dans la région. Cela signifie que nous avons été moins en mesure d’engager de nouveaux bénévoles et d’intégrer plus de personnes dans les processus de prise de décision que cela n’aurait été optimal. 
  • Nous sommes sur le point de dire au revoir à Alice, notre secrétaire générale. Alice a joué un rôle fondamental dans le développement de l’association, dans l’établissement de relations importantes et dans la gestion d’une administration complexe. Nous allons forcément la regretter mais elle a d’autres projets à suivre et nous sommes heureux qu’elle continue à faire partie de notre conseil. 
  • L’un des plus grands obstacles est que nous nous sommes retrouvés avec un objectif très large, avec une immense variété de questions liées à la durabilité et à l’écologie. Cela a dilué notre capacité à avoir un impact important dans des domaines spécifiques. Nous sommes devenus un point de référence local pour la plupart des questions environnementales et sociales, ce qui a étendu encore davantage notre champ d’action. En conséquence, nous avons eu du mal à formuler clairement notre objectif. 

Une nouvelle direction 

Nous voulons nous assurer que Montagne Verte se développe d’une manière qui puisse être soutenue par tous nos membres et sympathisants, et notre projet est d’élargir notre champ d’action géographique tout en nous donnant des objectifs plus spécifiques. 

Au lieu de Montagne Verte Morzine, nous deviendrons désormais Montagne Verte Haut Chablais.  

Cela nous permet de mieux nous aligner sur nos membres et sur la CCHC, qui gère les déchets et les transports (entre autres) sources d’importants impacts environnementaux. Cela nous permet de collaborer avec les 15 communes du Haut Chablais et de nous associer à celles qui sont les plus ouvertes au changement. 

Notre nouvelle mission est de faire en sorte que chaque organisation gouvernementale, entreprise, association et individu du Haut Chablais devienne neutre en carbone. 

Cet objectif simple mais audacieux nous donne une voie claire pour aller de l’avant et nous communiquerons davantage sur ce que cela implique dans les semaines et mois à venir. 

Pour nous aider à atteindre ces nouveaux objectifs, nous allons engager un nouveau secrétaire général pour superviser le fonctionnement quotidien de l’association, gérer notre réseau de bénévoles et travailler avec le Conseil d’administration pour développer un plan détaillé dans la poursuite de l’objectif de neutralité carbone pour le Haut Chablais. 

Nous cherchons également à élargir le groupe de travail principal et le Conseil d’administration, car nous souhaitons apporter de nouvelles perspectives et des compétences différentes afin de soutenir l’équipe existante et de nous permettre d’atteindre nos objectifs ambitieux. 

Alors que le défi des crises climatique et écologique prend davantage d’ampleur, il est important que nous continuions à répondre et à nous adapter. Chez MV, nous faisons tout notre possible pour nous assurer que nous aidons ceux qui veulent agir, et ce le plus rapidement possible. Nous essayons également d’impliquer et d’informer ceux qui ne sont pas prêts à changer, et nous sommes extrêmement reconnaissants à tous ceux qui nous soutiennent dans cette aventure. 

14 décembre 2021

365 jours à vélo: le challenge de Camille

LES ROUES TOURNENT: LE CHALLENGE DE CAMILLE

Imaginez un monde sans transports, sans voitures, bus ou avions. Nous sommes tous dépendants des moyens de transport pour aller travailler, faire nos courses, nos activités ou nos vacances. Sur ces trajets, combien de fois pouvons-nous faire du vélo et laisser la voiture à la maison ? Marcher au lieu de prendre le bus ? Nous vivons de plus en plus dans un monde où la facilité est essentielle. Les repas sont préparés à l’avance, Amazon livre les commandes le lendemain, un Uber nous emmène directement devant notre porte. Combien de fois réfléchissons-nous aux conséquences de ces transactions ? Lorsque cette télévision fonctionne sans défaut mais que nous en achetons une nouvelle avec un écran plus grand. Lorsque nous prenons la voiture pour aller au supermarché express en bas de la rue ou lorsque nous jetons de la nourriture inutilement. Souvent, ces actions ne sont pas remises en question parce qu’elles nous facilitent la vie et nous rendent plus efficaces. Nous oublions ou ignorons souvent les conséquences qui affectent le monde dans lequel nous vivons.

Et justement, ne devrions-nous pas nous mettre un défi ? Nous mettre au défi de réfléchir à nos choix pour tenir compte de l’environnement et vivre de manière plus durable. Certains défis surviennent dans nos vies sans prévenir. D’autres sont mûrement réfléchis et concernent un aspect particulier de notre vie. Par exemple, se lancer dans le défi d’un mode de vie plus sain. Décider de courir ce marathon. Trouver des moyens d’aider d’autres personnes. Les défis que nous nous fixons sont propres à chacun et, les possibilités sont infinies, les difficultés variables.

vacances en vélo
365 JOURS SANS TRANSPORT MOTORISÉ

Pour Camille, le défi qu’elle s’est lancé était de supprimer les transports motorisés de sa vie pendant 365 jours. Qu’il pleuve ou qu’il vente (ou qu’il neige), depuis janvier 2021, Camille marche, pédale ou skie pour atteindre sa destination et en revenir. Oubliez les voitures, les bus et les avions. Imaginez-vous vous réveiller pour ensuite pédaler dans la neige pour vous rendre au travail. Et imaginez le retour à la maison à la fin d’une longue journée. Pour Camille, cependant, « l’hiver n’était en fait (globalement) pas très différent du reste de l’année » et un pantalon de ski et une veste lui permettaient de se rendre au travail au chaud et au sec. Alors qu’elle raconte son expérience de l’hiver dans les Alpes françaises, nous ne pouvons qu’admirer sa résistance au froid et la façon dont elle a surmonté les conditions difficiles ! Malgré les pneus neige de son vélo, qui lui donnaient une meilleure adhérence sur la route, elle a parfois dû laisser son vélo à la maison et s’aventurer avec des raquettes. Pour donner un ordre d’idée, rien que pour aller au travail en raquettes, il fallait 2 heures !

On imagine que sortir et se déplacer dans la neige sur un vélo ou des skis est déjà assez difficile, mais pour Camille, la partie la plus compliquée a été de promouvoir son défi sur les réseaux sociaux, ce qui est « quelque chose que je ne fais pas naturellement », souligne-t-elle. Faire connaître ses efforts en ligne pour sensibiliser l’opinion publique et recueillir du soutien et des fonds était un autre défi en soi pour Camille. « Je pense que j’aurais pu faire beaucoup mieux », confie-t-elle, « mais le fait de relever le défi tout en ayant une année bien remplie signifie que c’est malheureusement l’une des premières choses que j’ai laissé échapper ». Avec un bébé en route et l’achat d’une maison, la détermination de Camille à aller jusqu’au bout du défi est une source d’inspiration pour nous tous !

Et même pendant l’hiver…

Alors, qu’est-ce qui a décidé Camille à se lancer dans un tel défi ? Eh bien, « j’ai pensé que ce serait une expérience formidable pour voir comment on peut adapter une vie « normale » en supprimant complètement un aspect de la vie quotidienne, qui est connu pour être un contributeur majeur au réchauffement de la planète », explique-t-elle. Son objectif est d' »inspirer les gens à prendre des mesures plus audacieuses pour changer leur mode de vie et s’aligner sur la nécessité d’enrayer le réchauffement climatique ». Nous sommes sûrs que vous serez d’accord avec elle : le défi de Camille permettra non seulement de montrer comment nous pouvons, en tant qu’individus, réduire notre dépendance aux transports motorisés, mais aussi de récolter des fonds au profit d’associations caritatives.

Les contributions apportées à la collecte de fond de Camille seront distribuées à trois associations: Envol Vert, les Amis de la Terre et Montagne Verte, qui s’efforcent de s’attaquer aux problèmes liés au réchauffement climatique, de sensibiliser l’opinion publique et de faire évoluer les comportements et les politiques locales et nationales dans le bon sens.

L’expérience de Camille au cours des derniers mois a permis de mettre en évidence, pour elle et pour d’autres, que nous pouvons améliorer la façon dont nous utilisons les transports motorisés, « qu’il s’agisse de devenir beaucoup plus consciencieux sur ce que nous considérons comme des déplacements essentiels et d’être efficace dans la façon dont nous utilisons les voitures, comme le covoiturage et d’éviter les voyages multiples ». Elle insiste sur le fait que le vélo a été « le moyen idéal de se déplacer et de voyager » cette année, et qu’elle l’a même utilisé pour atteindre des destinations plus lointaines, comme Annecy, Bonneville et même Saint-Nazaire, sur la côte ouest de la France, pour rendre visite à ses parents. Cependant, avec un système de bus réduit en basse saison dans la région et aux alentours, vivre dans une station balnéaire peut poser des difficultés aux habitants, qui dépendent donc largement de la voiture pour se déplacer. Il est nécessaire d’améliorer les transports publics dans la région et des discussions avec les autorités et organisations locales sont en cours pour permettre la mise en place de nouvelles infrastructures, offrant aux touristes et aux habitants la possibilité de laisser la voiture à la maison et de voyager par d’autres moyens plus respectueux de l’environnement.

SENSIBILISER AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Bien qu’il existe des initiatives locales et nationales visant à réduire le réchauffement de la planète, Camille souligne la nécessité pour nous, en tant qu’individus, de changer nos propres habitudes, notamment en « réduisant davantage notre consommation de viande, en étant beaucoup plus attentif au plastique et à la qualité des objets que nous achetons ». Même lorsque les 365 jours prendront fin, Camille continuera à pédaler d’un endroit à l’autre autant que possible, ne prenant le bus que lorsqu’elle en a besoin, en réduisant son empreinte carbone aussi faible que possible. « J’ai été surprise de constater que la plupart de mes mouvements cette année étaient plutôt faciles, que j’ai rarement eu l’impression d’une corvée et que cela m’a permis de rester en forme », explique Camille. « Cela m’a obligé à essayer de ralentir dans de nombreux aspects de ma vie également ». En se lançant dans ce défi, Camille souligne que, bien souvent, la technologie et les commodités auxquelles nous avons accès, qui ont été inventées pour nous faire gagner du temps, ont tendance à nous rendre trop efficaces, super productifs et donc à nous faire avancer à un rythme qui n’est pas durable, tant pour nous que pour la planète.

Changer nos habitudes pour prendre en compte l’environnement ou se lancer dans un défi pour aider à sensibiliser et à collecter des fonds pour des organisations caritatives environnementales, comme Camille l’a fait si naturellement, aura un impact positif pour sauver notre planète. Nous avons tous notre rôle à jouer.

Nous dépendons tellement de la technologie, des commodités et des transports motorisés dans nos vies, mais nous devons nous rappeler que nous dépendons aussi de notre planète pour vivre heureux et en bonne santé.

Auteur: Katie Rutherford